Référentiel A — capacité humaine
Christine Sylvester
Thèse centrale
Sylvester soutient que la théorie féministe n'a pas à réclamer une place dans les trois grands débats de la discipline mais à les retravailler, et que l'épistémologie postmoderne interdit d'y substituer un point de vue féminin unifié qui reproduirait le geste qu'elle conteste. Elle propose en conséquence une méthode, la coopération empathique : négocier à travers les différences en les tenant pour constitutives plutôt qu'en les surmontant, en refusant aussi bien l'objectivité surplombante que l'assignation identitaire.
Apport
Feminist Theory and International Relations in a Postmodern Era (Cambridge University Press, coll. « Cambridge Studies in International Relations » n° 32, 1994) introduit dans la discipline les ressources du féminisme postmoderne et relit ses débats fondateurs depuis cette position. « Empathetic Cooperation: A Feminist Method For IR » (Millennium, 23(2), 1994, p. 315-334) en donne le versant méthodologique, en dialogue avec Judith Butler, Jean Bethke Elshtain et Cynthia Enloe.
Limites et critiques
Limite interne, et assumée comme telle par la position postmoderne : la coopération empathique est une proposition normative et méthodologique dépourvue de critère externe de validation, et son objet — l'expérience située — se prête mal à la comparaison réglée. L'objection méthodologique que le courant positiviste de la discipline adresse à cette famille de travaux est celle que Robert Keohane formule dans « Beyond Dichotomy » (International Studies Quarterly, 42(1), 1998, p. 193-197). L'ouvrage a été recensé dès sa parution dans l'American Political Science Review par Cynthia Weber (88(4), 1994, p. 1049-1051).
Débats documentés
Ce que cette fiche met en cause, et ce qui la met en cause (1)
Une fiche nomme l'autre dans son champ « limites critiques », et la phrase porte une marque d'opposition. C'est un désaccord écrit dans le référentiel, pas un rapprochement calculé.
- Robert Keohanecontradiction documentée
L'objection méthodologique que le courant positiviste de la discipline adresse à cette famille de travaux est celle que Robert Keohane formule dans « Beyond Dichotomy » (International Studies Quarterly, 42(1), 1998, p.
Nommée dans les limites, sans objection formulée (2)
Le lien est établi — une fiche nomme l'autre en discutant ses limites — mais aucune opposition n'y est formulée. Le distinguer d'une contestation évite de fabriquer une controverse.
- Carol Cohnnommée dans les limites
La réception documentée de son travail est essentiellement favorable, Christine Sylvester et Laura J.
- Cynthia Webernommée dans les limites
L'ouvrage a été recensé dès sa parution dans l'American Political Science Review par Cynthia Weber (88(4), 1994, p.
Appuis explicites (2)
Une fiche nomme l'autre dans sa thèse centrale ou son apport : elle s'y adosse.
- Cynthia Enloeappui explicite
315-334) en donne le versant méthodologique, en dialogue avec Judith Butler, Jean Bethke Elshtain et Cynthia Enloe.
- Judith Butlerappui explicite
315-334) en donne le versant méthodologique, en dialogue avec Judith Butler, Jean Bethke Elshtain et Cynthia Enloe.
Antécédents (1)
Même sous-domaine, période antérieure.
- Alexander Wendtantécédent historique
« Christine Sylvester » (Féminisme postmoderne en relations internationales, depuis 1994) vient après « Alexander Wendt » (Constructivisme social en relations internationales, depuis 1992) dans le même sous-domaine.
Repose sur la même source (2)
Ces fiches citent au moins une source identique : si elles s'accordent, cet accord ne vaut pas confirmation indépendante.
- Cynthia Enloerepose sur la même source
Les deux fiches citent « Keohane, R. O. — « Beyond Dichotomy: Conversations Between International Relations and Feminist Theory », International Studies Quarterly, 42(1), 1998, p. 193-197 ».
- J. Ann Ticknerrepose sur la même source
Les deux fiches citent « Keohane, R. O. — « Beyond Dichotomy: Conversations Between International Relations and Feminist Theory », International Studies Quarterly, 42(1), 1998, p. 193-197 ».
Sources
- 1.Sylvester, C. — Feminist Theory and International Relations in a Postmodern Era, Cambridge, Cambridge University Press, coll. « Cambridge Studies in International Relations » n° 32, 1994primaire
- 2.Sylvester, C. — « Empathetic Cooperation: A Feminist Method For IR », Millennium, 23(2), 1994, p. 315-334primaire
- 3.Weber, C. — recension de Feminist Theory and International Relations in a Postmodern Era, American Political Science Review, 88(4), 1994, p. 1049-1051 (notice IDEAS/RePEc)secondaire
- 4.Keohane, R. O. — « Beyond Dichotomy: Conversations Between International Relations and Feminist Theory », International Studies Quarterly, 42(1), 1998, p. 193-197secondaire
Analyses de gap citant cette fiche
Aucune paire humain × IA documentée pour cette capacité à ce jour. Le comparateur permet de tester la combinaison et affiche son statut réel.
Fiches connexes — geopolitique
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