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ATLAS Humain × IA

Référentiel A — capacité humaine

Ulrich Beck

SocialsociologieThéorie de la société du risque, seconde modernité, contemporaindocumentéVérifié le

Thèse centrale

Beck soutient que les sociétés industrielles avancées produisent, comme sous-produit systématique de leurs succès, des dangers d'un type nouveau — pollution, radioactivité, risques technologiques — qui échappent aux frontières de classe et de nation, même si les populations aisées tentent de s'en protéger et que les plus vulnérables en supportent la charge. Il affirme que la modernité entre alors dans une phase « réflexive » où elle s'attaque à ses propres fondements : les institutions héritées — famille, classe, État-nation — cessent de structurer les biographies, que les individus doivent désormais composer eux-mêmes (individualisation). Il en tire une critique du « nationalisme méthodologique » : une sociologie qui prend l'État-nation pour contenant naturel de la société ne peut pas décrire des risques dont la portée est mondiale.

Apport

Risikogesellschaft. Auf dem Weg in eine andere Moderne (1986 ; Risk Society: Towards a New Modernity, Sage, 1992) forge un vocabulaire — société du risque, modernisation réflexive, seconde modernité, « irresponsabilité organisée » — qui déplace l'objet de la sociologie du partage des biens vers le partage des maux. Le cosmopolitisme méthodologique qu'il propose ensuite n'est pas un idéal politique mais une consigne d'enquête : changer d'unité d'observation lorsque le phénomène observé ne s'arrête pas aux frontières.

Limites et critiques

Klaus Rasborg (« '(World) risk society' or 'new rationalities of risk'? A critical discussion of Ulrich Beck's theory of reflexive modernity », Thesis Eleven, 108(1), 2012, p. 3-25) relève une tension non résolue entre un traitement réaliste et un traitement constructiviste du risque, et propose de voir dans la « société du risque mondiale » moins une réalité sociale nouvelle produite par la technique qu'une sémantique de crise et une forme de gouvernementalité ; il oppose à Beck les cadres de Jeffrey C. Alexander, Niklas Luhmann et Mitchell Dean. La limite interne la plus discutée porte sur l'individualisation : la thèse d'un affaiblissement général des déterminations de classe est avancée comme diagnostic d'époque plutôt qu'établie sur une série de mesures.

Résonance avec l'IA

La notion d'irresponsabilité organisée décrit une situation reconnaissable dans les chaînes de production de systèmes automatisés : un dommage attribuable à personne en particulier parce que chaque maillon n'a fait que sa part. Le débat entre lecture réaliste et lecture constructiviste du risque est le même que celui qui traverse l'évaluation des risques attribués à l'IA.

Débats documentés

Ce que cette fiche met en cause, et ce qui la met en cause (1)

Une fiche nomme l'autre dans son champ « limites critiques », et la phrase porte une marque d'opposition. C'est un désaccord écrit dans le référentiel, pas un rapprochement calculé.

  • Niklas Luhmanncontradiction documentée

    il oppose à Beck les cadres de Jeffrey C. Alexander, Niklas Luhmann et Mitchell Dean.

Sources

  1. 1.Ulrich Beck, Risikogesellschaft. Auf dem Weg in eine andere Moderne, 1986 (trad. angl. Risk Society: Towards a New Modernity, Sage, 1992)primaire
  2. 2.Ulrich Beck — Wikipedia (en)secondaire
  3. 3.Klaus Rasborg, « '(World) risk society' or 'new rationalities of risk'? », Thesis Eleven, 108(1), 2012secondaire

Analyses de gap citant cette fiche

Aucune paire humain × IA documentée pour cette capacité à ce jour. Le comparateur permet de tester la combinaison et affiche son statut réel.

Fiches connexes — sociologie

Données brutes de cette fiche : /api/fiches/ulrich-beck — voir la méthodologie.