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ATLAS Humain × IA

Référentiel A — capacité humaine

Aníbal Quijano

SocialsociologiePensée décoloniale latino-américaine, contemporaindocumentéVérifié le

Thèse centrale

Quijano soutient que la conquête de l'Amérique a produit une invention sociale spécifique — la « race » — et que celle-ci est devenue la première catégorie de classification sociale de la modernité, articulée à un capitalisme d'emblée mondial. Sa thèse est que ce schéma de pouvoir a survécu à la fin des administrations coloniales : la colonialité n'est pas le colonialisme, elle en est la structure de classification qui persiste dans des États formellement indépendants. Il ajoute que cette domination comporte un versant intersubjectif, l'eurocentrisme, qui impose une perspective déformée en obligeant les dominés à se voir avec les yeux du dominant, et un versant cognitif, la colonialité du savoir, par laquelle la production de connaissance reste subordonnée à ce même schéma.

Apport

Il forge la colonialité du pouvoir et la colonialité du savoir, qui déplacent la question du sous-développement vers celle de la classification : ce qui est expliqué n'est plus un retard économique mais la permanence d'une hiérarchie raciale mondiale instituée au XVIe siècle. Ce cadre se distingue de la théorie de la dépendance, à laquelle il a contribué entre 1966 et 1971, en ce qu'il ne fait pas de l'économie le niveau déterminant. Il revendique l'héritage de José Carlos Mariátegui pour son autonomie intellectuelle à l'égard des options eurocentrées. Le texte de référence, « Colonialidad del poder, eurocentrismo y América Latina », paraît dans le recueil dirigé par Edgardo Lander, La colonialidad del saber: eurocentrismo y ciencias sociales (CLACSO, Buenos Aires, 2000), et en anglais dans Nepantla: Views from the South, 1(3), 2000, p. 533-580.

Limites et critiques

Les notices encyclopédiques consultées, y compris celle consacrée au concept lui-même, ne recensent aucun contradicteur nommé : elles ne citent que des auteurs qui étendent ou appliquent le cadre (Ramón Grosfoguel, Walter Mignolo, Sylvia Wynter, Nelson Maldonado-Torres). Deux limites internes sont identifiables. La première est la difficulté de réfutation : un schéma qui explique à la fois la persistance et les transformations des hiérarchies raciales ne désigne pas d'observation qui pourrait l'infirmer. La seconde est la datation : faire naître la catégorie de race avec la conquête de l'Amérique est une thèse historique forte, qui engage un débat de périodisation avec les travaux qui situent ailleurs, ou plus tard, la formation des classifications raciales.

Résonance avec l'IA

L'idée qu'une classification sociale continue d'opérer longtemps après la disparition de l'institution qui l'a créée décrit un problème concret pour les systèmes entraînés sur des données historiques : la catégorie survit dans les corrélations bien après avoir été retirée des formulaires.

Débats documentés

Aucune autre fiche du référentiel ne nomme celle-ci, et celle-ci n'en nomme aucune. Ce n'est pas un signe d'accord : c'est un silence documentaire, et il se comble en écrivant les limites de la fiche avec des noms.

Sources

  1. 1.Aníbal Quijano, « Colonialidad del poder, eurocentrismo y América Latina », in Edgardo Lander (comp.), La colonialidad del saber: eurocentrismo y ciencias sociales. Perspectivas latinoamericanas, CLACSO, Buenos Aires, 2000primaire
  2. 2.Aníbal Quijano — Wikipedia (es)secondaire
  3. 3.Coloniality of power — Wikipedia (en)secondaire

Analyses de gap citant cette fiche

Aucune paire humain × IA documentée pour cette capacité à ce jour. Le comparateur permet de tester la combinaison et affiche son statut réel.

Fiches connexes — sociologie

Données brutes de cette fiche : /api/fiches/anibal-quijano — voir la méthodologie.