Référentiel A — capacité humaine
Virginie Mamadouh
Thèse centrale
Mamadouh soutient que « géopolitique » ne désigne pas une discipline mais un drapeau sous lequel se rangent des pratiques hétérogènes, et qu'il faut les classer avant de les discuter. Elle propose pour cela deux axes : la distance à l'objet — travaux appliqués ou travaux académiques et réflexifs — et la position à l'égard du système d'États — l'État comme acteur principal ou attention portée à d'autres acteurs. Elle en tire quatre familles : géopolitique néoclassique, géopolitique subversive, non-géopolitique et géopolitique critique.
Apport
Cette cartographie du champ, publiée dans « Geopolitics in the nineties: one flag, many meanings » (GeoJournal, vol. 46, n° 4, 1998, p. 237-253), donne au domaine un instrument de description de lui-même à un moment où le mot venait d'être réhabilité et où ses usages divergeaient sans se reconnaître. Elle observe que les quatre familles, malgré leurs différences, convergent vers un intérêt croissant pour la géoéconomie. Elle prolonge ce travail dans « Reclaiming geopolitics: Geographers strike back » (Geopolitics, 1999) et, avec Gertjan Dijkink, sur la politique du discours géopolitique (Geopolitics, 2006).
Limites et critiques
La typologie décrit sans arbitrer, ce qui est délibéré mais laisse entière la question qu'elle pose : elle range côte à côte des programmes dont certains se tiennent pour la réfutation des autres. Le champ l'a par ailleurs débordée : la géopolitique féministe et la géopolitique populaire, développées à partir des années 2000, se logent mal dans la quadripartition de 1998, dont les deux axes — distance à l'objet et rapport à l'État — ne prennent pas pour variable l'échelle d'analyse, qui est précisément ce que ces courants déplacent.
Résonance avec l'IA
Son geste — trier les usages d'un mot avant de trancher le débat qu'il porte — est celui dont manque la discussion publique sur l'IA, où un même terme couvre des programmes de recherche, des produits, des doctrines industrielles et des positions politiques qui n'ont pas les mêmes critères de validation.
Débats documentés
Repose sur la même source (2)
Ces fiches citent au moins une source identique : si elles s'accordent, cet accord ne vaut pas confirmation indépendante.
- Gearóid Ó Tuathailrepose sur la même source
Les deux fiches citent « Merje Kuus, « Critical Geopolitics », The International Studies Compendium Project ».
- Simon Dalbyrepose sur la même source
Les deux fiches citent « Merje Kuus, « Critical Geopolitics », The International Studies Compendium Project ».
Sources
- 1.Virginie Mamadouh, « Geopolitics in the nineties: one flag, many meanings », GeoJournal, vol. 46, n° 4, 1998, p. 237-253primaire
- 2.Virginie Mamadouh, « Reclaiming geopolitics: Geographers strike back », Geopolitics, vol. 4, n° 1, 1999, p. 118-138primaire
- 3.Notice de l'article « Geopolitics in the nineties: one flag, many meanings », GeoJournal (Springer)secondaire
- 4.Merje Kuus, « Critical Geopolitics », The International Studies Compendium Projectsecondaire
Analyses de gap citant cette fiche
Aucune paire humain × IA documentée pour cette capacité à ce jour. Le comparateur permet de tester la combinaison et affiche son statut réel.
Fiches connexes — geopolitique
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