Référentiel A — capacité humaine
Joseph Nye
Thèse centrale
Nye soutient qu'à côté de la contrainte et du paiement existe une troisième voie d'obtention des résultats voulus — l'attraction — dont les ressources sont la culture, les valeurs politiques et la politique étrangère d'un pays, et qu'il nomme puissance douce. Il ne la présente pas comme un substitut de la puissance militaire et économique mais comme une composante que les analyses réalistes ne comptabilisent pas ; la puissance intelligente désigne chez lui la combinaison stratégique des deux. Avec Keohane, il avait établi que dans une interdépendance complexe l'utilité politique de la force diminue sans disparaître.
Apport
Il a forgé et nommé la notion de puissance douce, entrée dans l'usage courant après un article publié dans Foreign Policy en 1990 et systématisée dans Soft Power: The Means to Success in World Politics (PublicAffairs, 2004), puis The Future of Power (PublicAffairs, 2011). Le vocabulaire a été repris par des gouvernements — la puissance intelligente notamment sous les administrations Clinton et Obama —, ce qui constitue à la fois un indice de diffusion et une source de confusion entre l'outil d'analyse et le slogan de politique publique.
Limites et critiques
Janice Bially Mattern, dans « Why ‘Soft Power’ Isn't So Soft: Representational Force and the Sociolinguistic Construction of Attraction in World Politics » (Millennium, 33(3), 2005, p. 583-612), soutient que l'attraction n'est pas un donné naturel : elle est produite par une « force représentationnelle », coercition exercée par le langage, de sorte que la puissance douce n'est pas une catégorie distincte de la puissance dure mais son prolongement. Niall Ferguson, dans la préface de Colossus, la juge inefficace. Limite interne : les ressources d'attraction ne sont contrôlées ni par l'État ni par personne, ce qui rend malaisé de traiter la puissance douce comme un instrument de politique étrangère.
Débats documentés
Appuis explicites (1)
Une fiche nomme l'autre dans sa thèse centrale ou son apport : elle s'y adosse.
- Robert Keohaneappui explicite
Avec Joseph Nye, il avait posé l'interdépendance complexe : canaux multiples entre sociétés, absence de hiérarchie entre enjeux, recul de l'utilité de la force.
Sources
- 1.Nye, J. S. — Soft Power: The Means to Success in World Politics, New York, PublicAffairs, 2004primaire
- 2.Joseph Nye — Wikipedia (EN)secondaire
- 3.Soft power — Wikipedia (EN), section critiquessecondaire
- 4.Bially Mattern, J. — « Why ‘Soft Power’ Isn't So Soft », Millennium, 33(3), 2005, p. 583-612secondaire
Analyses de gap citant cette fiche
Aucune paire humain × IA documentée pour cette capacité à ce jour. Le comparateur permet de tester la combinaison et affiche son statut réel.
Fiches connexes — geopolitique
Données brutes de cette fiche : /api/fiches/joseph-nye — voir la méthodologie.