Référentiel A — capacité humaine
Barry Buzan
Thèse centrale
Buzan soutient que la sécurité ne se réduit pas au militaire et au politique mais se distribue en cinq secteurs — militaire, politique, économique, sociétal, environnemental — dotés chacun de leurs objets de référence et de leurs logiques de menace. Avec Ole Wæver et Jaap de Wilde, il tient que le caractère de sécurité d'un enjeu n'est pas une propriété de l'enjeu mais le résultat d'un acte de langage réussi : un acteur habilité désigne devant un auditoire un objet de référence comme menacé dans son existence, et obtient par là la légitimation de mesures d'exception. Avec Wæver, il soutient enfin que l'interaction de sécurité est d'abord régionale.
Apport
People, States and Fear (1983) élargit l'objet des études de sécurité ; Security: A New Framework for Analysis (avec Ole Wæver et Jaap de Wilde, Boulder, Lynne Rienner, 1998) fonde la théorie de la sécurisation, qui déplace la question « qu'est-ce qu'une menace ? » vers « qui parvient à faire admettre qu'il y a menace, devant qui, et avec quel effet ? ». Regions and Powers: The Structure of International Security (avec Wæver, 2003) formalise la théorie des complexes régionaux de sécurité comme niveau d'analyse intermédiaire entre l'État et le système.
Limites et critiques
Lene Hansen, dans « The Little Mermaid's Silent Security Dilemma and the Absence of Gender in the Copenhagen School » (Millennium, 29(2), 2000), objecte que le modèle de l'acte de langage présuppose un sujet capable de parler et d'être entendu : les insécurités de ceux que le silence protège ou contraint restent hors du cadre, ce qui exclut structurellement le genre. Sur l'élargissement lui-même, Daniel Deudney soutenait dès « The Case Against Linking Environmental Degradation and National Security » (Millennium, 19(3), 1990, p. 461-476) que rattacher l'environnement à la sécurité nationale dénature les deux termes. Limite interne : la théorie décrit comment un enjeu devient enjeu de sécurité, mais ne fournit pas de critère pour juger qu'il aurait dû le devenir.
Résonance avec l'IA
La sécurisation est le cadre qui décrit le plus directement ce qui se joue lorsque l'IA est constituée en enjeu de sécurité nationale : elle rend visible l'opération par laquelle cette désignation autorise des mesures d'exception, sans se prononcer sur leur bien-fondé.
Débats documentés
Nommée dans les limites, sans objection formulée (1)
Le lien est établi — une fiche nomme l'autre en discutant ses limites — mais aucune opposition n'y est formulée. Le distinguer d'une contestation évite de fabriquer une controverse.
- Arlene B. Ticknernommée dans les limites
Ils jugent enfin « quelque peu sommaires » les explications d'Amitav Acharya et Barry Buzan sur les mécanismes par lesquels l'hégémonie occidentale empêcherait la théorisation locale.
Antécédents (1)
Même sous-domaine, période antérieure.
- Robert W. Coxantécédent historique
« Barry Buzan » (École de Copenhague, études de sécurité, depuis 1983) vient après « Robert W. Cox » (Théorie critique et économie politique internationale néo-gramscienne, depuis 1981) dans le même sous-domaine.
Sources
- 1.Buzan, B., Wæver, O. et de Wilde, J. — Security: A New Framework for Analysis, Boulder, Lynne Rienner Publishers, 1998primaire
- 2.Barry Buzan — Wikipedia (EN)secondaire
- 3.Securitization (international relations) — Wikipedia (EN)secondaire
- 4.Hansen, L. — « The Little Mermaid's Silent Security Dilemma and the Absence of Gender in the Copenhagen School », Millennium, 29(2), 2000secondaire
Analyses de gap citant cette fiche
Aucune paire humain × IA documentée pour cette capacité à ce jour. Le comparateur permet de tester la combinaison et affiche son statut réel.
Fiches connexes — geopolitique
Données brutes de cette fiche : /api/fiches/barry-buzan — voir la méthodologie.