Référentiel A — capacité humaine
Robert Jervis
Thèse centrale
Jervis (1940-2021) soutient que les décisions internationales ne s'expliquent pas par les seuls intérêts des États mais par la manière dont leurs dirigeants perçoivent la situation, et que ces perceptions sont affectées d'erreurs systématiques et non aléatoires. Il analyse le dilemme de sécurité : des mesures prises par un État pour sa propre sûreté sont lues par un autre comme des menaces, si bien que la spirale d'hostilité peut naître d'intentions défensives de part et d'autre. Il soutient enfin que le caractère offensif ou défensif des dispositifs militaires modifie la probabilité de cette spirale.
Apport
Perception and Misperception in International Politics (1976) introduit la psychologie cognitive dans l'étude des relations internationales et en fait un programme durable ; « Cooperation under the Security Dilemma » (World Politics, 1978) formalise le dilemme de sécurité et l'articulation offense-défense. The Logic of Images in International Relations (1970) et System Effects (1997) complètent l'appareil, ce dernier sur les conséquences non voulues des interactions. Charles Glaser tient ses travaux sur le dilemme de sécurité pour figurer parmi les plus importants de la discipline.
Limites et critiques
Les sources consultées ne comportent pas de réfutation nommée ; la limite retenue est interne au dispositif. Une explication par la perception erronée est reconstituée après coup, à partir des traces laissées par les décideurs, et rien n'y fixe indépendamment la frontière entre une erreur de perception et un jugement raisonnable sous incertitude : le classement dépend souvent de l'issue connue. Le caractère offensif ou défensif d'un dispositif, de même, se laisse difficilement établir avant l'événement, ce qui limite l'usage prédictif du modèle.
Résonance avec l'IA
Le résultat de Jervis — les erreurs de perception des décideurs sont systématiques et orientées, non aléatoires — s'applique aux situations où l'information provient d'un système technique : le biais ne disparaît pas parce que la source change, il se déplace vers l'interprétation de sa sortie. Jervis n'a pas travaillé sur ces systèmes, et le prolongement reste à établir empiriquement.
Débats documentés
Aucune autre fiche du référentiel ne nomme celle-ci, et celle-ci n'en nomme aucune. Ce n'est pas un signe d'accord : c'est un silence documentaire, et il se comble en écrivant les limites de la fiche avec des noms.
Sources
- 1.Robert Jervis, Perception and Misperception in International Politics, 1976primaire
- 2.Robert Jervis — Wikipediasecondaire
Analyses de gap citant cette fiche
Aucune paire humain × IA documentée pour cette capacité à ce jour. Le comparateur permet de tester la combinaison et affiche son statut réel.
Fiches connexes — geopolitique
Données brutes de cette fiche : /api/fiches/robert-jervis — voir la méthodologie.