Aller au contenu
ATLAS Humain × IA

Référentiel A — capacité humaine

Jennifer Hyndman

SocialgeopolitiqueGéopolitique féministe, à partir de 2001documentéVérifié le

Thèse centrale

Hyndman soutient que la géopolitique doit changer d'unité d'analyse : examiner la politique à d'autres échelles que celle de l'État-nation, et rendre compte de relations inégales et souvent violentes entre personnes plutôt que d'intérêts nationaux abstraits. Elle oppose à la sécurité de l'État une sécurité humaine, ancrée dans le corps et dans l'expérience vécue, et réclame une géopolitique plus responsable, incarnée et capable de répondre de ses effets — position formulée dans « Towards a feminist geopolitics » (The Canadian Geographer, vol. 45, n° 2, 2001, p. 210-222).

Apport

Elle fonde la géopolitique féministe comme programme identifiable, en soudant deux domaines — géographie féministe et géographie politique — qui, note-t-elle, ne s'étaient pas officiellement rencontrés. Managing Displacement: Refugees and the Politics of Humanitarianism (University of Minnesota Press, 2000) en fournit le terrain : le camp, l'aide humanitaire et la gestion des déplacés y sont analysés comme des lieux d'exercice du pouvoir géopolitique, à une échelle que la discipline ne regardait pas. Elle situe l'origine du courant dans un chapitre d'Eleonore Kofman de 1996 et dans les travaux sur la construction des échelles, dont ceux de Sallie Marston en 2000.

Limites et critiques

Elle a elle-même exposé les tensions du programme dans « Unsettling feminist geopolitics » (Gender, Place & Culture, vol. 26, n° 1, 2019, p. 3-29) : elle y discute le déplacement opéré par Deborah Dixon dans Feminist Geopolitics: Material States (2015) vers les géographies non humaines et un matérialisme féministe qui renonce au sujet individué, se dit « profondément ambivalente à l'idée d'abandonner l'échelle et l'épistémologie du corps », et craint que cette version rende moins bien compte de la violence, de la haine, de l'exclusion et du déplacement. Elle reconnaît dans le même texte que la géopolitique féministe risque de se constituer en faction et que son vocabulaire peut borner ce qu'elle parvient à penser. Vanessa Massaro et Jill Williams (Geography Compass, vol. 7, n° 8, 2013) ont dressé le bilan du courant et de ses déplacements d'échelle.

Résonance avec l'IA

Son déplacement d'échelle — de l'État vers le corps et le quotidien — est celui que réclament les évaluations d'impact des systèmes automatisés : une politique se juge aussi à ce qu'elle produit sur une personne particulière dans une file d'attente, pas seulement à ses agrégats.

Débats documentés

Ce que cette fiche met en cause, et ce qui la met en cause (1)

Une fiche nomme l'autre dans son champ « limites critiques », et la phrase porte une marque d'opposition. C'est un désaccord écrit dans le référentiel, pas un rapprochement calculé.

  • Gearóid Ó Tuathailcontradiction documentée

    Wendy Dowler et Joanne Sharp (2001) puis Jennifer Hyndman (2004) reprochent aux premiers travaux de se concentrer sur les intellectuels masculins de l'art de gouverner, reconduisant l'élitisme qu'ils dénonçaient.

Antécédents (1)

Même sous-domaine, période antérieure.

  • Achille Mbembeantécédent historique

    « Jennifer Hyndman » (Géopolitique féministe, à partir de 2001) vient après « Achille Mbembe » (Théorie politique postcoloniale africaine, depuis 2000) dans le même sous-domaine.

Sources

Analyses de gap citant cette fiche

Aucune paire humain × IA documentée pour cette capacité à ce jour. Le comparateur permet de tester la combinaison et affiche son statut réel.

Fiches connexes — geopolitique

Données brutes de cette fiche : /api/fiches/jennifer-hyndman — voir la méthodologie.